[Étranger] – Et si c’était la bonne pour Liverpool ?

5 mai 1990. Voici la date du dernier titre de champion d’Angleterre de Liverpool, qui remonte donc à plus de 28 ans. Une éternité pour un club d’une telle envergure. Mais que les supporters des Reds se rassurent ; leur club n’a peut-être jamais semblé aussi bien armé que cette saison pour renouer avec le sacre national et mettre fin à cette incroyable période de disette. Un mercato séduisant, une solidité défensive retrouvée, une attaque de feu et une réelle force collective qui se dégage ; les raisons d’y croire sont nombreuses pour le finaliste de la dernière Ligue des Champions.

Un recrutement intelligent et des résultats convaincants

Après une saison 2017-2018 très satisfaisante, les Reds se sont tout d’abord concentrés sur le mercato et ont su se renforcer intelligemment pendant l’été. En cassant leur tirelire pour Alisson Becker, le gardien brésilien de la Roma, ils ont enfin recruté une valeur sûre à un poste qui leur faisait cruellement défaut ces dernières années. Dans l’entrejeu, pour compenser le départ d’Emre Can à la Juventus et la grave blessure d’Alex Oxlade-Chamberlain, Liverpool a attiré deux joueurs aussi talentueux que convoités, le prodige guinéen Naby Keita, en provenance de Leipzig, et le monégasque Fabinho. Enfin, Jürgen Klopp a également récupéré Xherdan Shaqiri du côté de Stoke afin de compléter son secteur offensif. Le tout en parvenant à conserver ses joueurs les plus importants et notamment ses trois magiciens Salah, Mané et Firmino. De quoi former un effectif très alléchant sur le papier.

Et les promesses estivales n’ont pas tardé à se confirmer sur le terrain. En battant successivement West Ham (4-0), Crystal Palace (0-2), Brighton (1-0), Leicester (1-2), Tottenham (1-2) et Southampton (3-0), les Reds ont réalisé un début de saison parfait avec six succès en autant de rencontres. Ils ont ensuite réussi à accrocher le nul face à Chelsea (1-1) puis Manchester City (0-0), tout en dominant le PSG à Anfield pour leur entrée en lice en Ligue des Champions (3-2). Deux défaites sont néanmoins venues assombrir le tableau, contre Chelsea en Carabao Cup (1-2) puis à Naples une semaine plus tard (1-0), mais il est difficile d’en vouloir aux coéquipiers de Mohamed Salah tant leur calendrier a été chargé entre mi-septembre et début octobre. Après neuf journées de championnat, les Scousers de Klopp partagent la première place du classement avec les Citizens de Guardiola et les Blues de Sarri mais, au sein de la lutte à trois qui semble se profiler pour le trône de Premier League, ils possèdent l’avantage d’avoir déjà affronté leurs deux concurrents directs.

De Van Dijk à Milner, des cadres au rendez-vous

Au-delà du bilan comptable satisfaisant, c’est surtout la manière qui constitue un motif d’espoir important pour les supporters des Reds, et notamment en ce qui concerne le secteur défensif. Alors que Liverpool nous avait plutôt habitué à encaisser beaucoup de buts ces dernières saisons, cette époque semble désormais révolue et sa défense est devenue bien plus hermétique depuis la signature du stoppeur néerlandais Virgil van Dijk en janvier dernier. S’imposant petit à petit comme l’un des meilleurs joueurs du monde à son poste, l’ancien de Southampton a surtout permis à tous ses coéquipiers de franchir un palier. Dejan Lovren s’est ainsi affirmé comme l’un des leaders de l’équipe, les jeunes Joe Gomez et Trent Alexander-Arnold se sont révélés aux yeux de l’Europe entière, tandis que le latéral gauche Andrew Robertson, encore inconnu du grand public quelques mois plus tôt, est rapidement devenu une référence à son poste. C’est ainsi qu’en Premier League, les Scousers n’ont plus encaissé le moindre but à Anfield depuis le 24 février dernier, soit un total de 841 minutes d’invincibilité. L’arrivée d’Alisson en provenance de la Roma lors du mercato a finalement été celle de la dernière pièce manquante du puzzle. En s’offrant enfin un grand gardien pour veiller sur ses filets, Liverpool a apporté la touche finale à une défense qui fait aujourd’hui partie de ses principaux points forts.

Cependant, la véritable satisfaction du moment pour Jürgen Klopp se situe un cran plus haut, au milieu de terrain. Un chiffre suffit à le prouver : les Reds ont déboursé 110 millions d’euros cet été pour s’attacher les services de Naby Keita et Fabinho, mais aucun des deux joueurs n’a encore réussi à gagner sa place de titulaire. C’est dire à quel point James Milner, Jordan Henderson et Georginio Wijnaldum marchent sur l’eau en ce début de saison. Exemplaires dans l’état d’esprit et dotés d’un volume de jeu impressionnant, les trois hommes se sont rendus indispensables au football de pressing prôné par leur entraîneur. Prenons l’exemple de la victoire contre le PSG en Ligue des Champions il y a quelques semaines. Étouffant son adversaire dans l’entrejeu, Liverpool a offert une véritable leçon d’implication, de générosité et de combativité aux stars parisiennes. Et le joueur qui symbolise toutes ces valeurs morales est indiscutablement James Milner. À 32 ans, l’ancien citizen semble infatigable tant il harcèle constamment ses adversaires et récupère des ballons en permanence. Également doué d’une grande expérience et de capacités techniques au-dessus de la moyenne, il est aujourd’hui le métronome des Reds et sans doute l’un des joueurs les plus sous-cotés d’Angleterre.

Une attaque toujours aussi flamboyante ?

Toute cette qualité au milieu de terrain pourrait néanmoins se révéler inutile pour une équipe dépourvue d’un secteur offensif à la hauteur. Fort heureusement, Liverpool est l’un des clubs les mieux armés dans ce domaine en Europe grâce à son trio infernal Salah-Mané-Firmino. La saison passée, les trois phénomènes ont donné le vertige à toutes les défenses se présentant face à eux et ont inscrit un total de 91 buts toutes compétitions confondues (44 pour Salah, 27 pour Firmino et 20 pour Mané). Des chiffres tout simplement exceptionnels. Reparti sur un rythme similaire cette année, le trio traverse en ce moment un petit passage à vide puisque l’égyptien, le brésilien et le sénégalais n’ont plus trouvé le chemin des filets depuis quatre rencontres (article rédigé avant la rencontre Huddersfield – Liverpool, ndlr). À leur place, c’est l’habituel remplaçant Daniel Sturridge qui s’est illustré en scorant à trois reprises au cours des dernières semaines. La performance de l’attaquant anglais symbolise parfaitement la richesse de l’effectif dont dispose Jürgen Klopp, et si cet article a laissé de côté des joueurs tels que Lallana, Moreno, Matip, Shaqiri, Mignolet, Clyne ou encore Solanke, il ne faut pas oublier que le technicien allemand possède cette saison une profondeur de banc qui lui a parfois manqué les années précédentes. Les Reds semblent donc parés dans tous les secteurs pour aller chercher le sacre qu’ils attendent depuis si longtemps.

Toutefois, la Premier League reste le championnat le plus relevé au monde et la route vers le titre s’annonce plus difficile que jamais. La lutte avec Manchester City et Chelsea sera acharnée jusqu’au bout et il faudra également se méfier de Tottenham et Arsenal, récemment revenus à deux points du trio de tête. Personne n’est à l’abri non plus d’une défaillance dans la dernière ligne droite. Le Liverpool de 2014 en sait quelque chose, lui qui était passé tout proche du sacre et avait vu une grande partie de ses espoirs s’envoler à la 36ème journée suite à la célèbre glissade de Steven Gerrard contre Chelsea. Mais si les hommes de Jürgen Klopp continuent à surfer sur la belle dynamique des derniers mois, nul doute que leurs concurrents devront s’accrocher fermement pour parvenir à suivre le rythme. You’ll never walk alone, affirme la chanson. En l’occurrence, les Reds se verraient bien marcher seuls, en fin de saison, sur le toit du football anglais.

 

Crédits photos : Reuters & Getty Images.

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