Équipe de France : que retenir des matchs face à l’Islande et l’Allemagne ?

Durant presque deux semaines, le temps des championnats nationaux s’est suspendu pour laisser place à nos chers champions du monde. L’Équipe de France a accueilli l’Islande en match amical avant d’affronter l’Allemagne pour le compte de la Ligue des Nations, deux rencontres dont plusieurs enseignements peuvent être tirés.

 

Des lacunes collectives qui persistent

Jeudi dernier au Stade du Roudourou à Guingamp, la bande à Deschamps a concédé un triste match nul face à l’Islande. Au-delà du score de 2-2 qui a grandement déçu l’ensemble des observateurs, c’est la physionomie de la rencontre qui a principalement nourrit les quelques inquiétudes planant au-dessus des Bleus. En possession du ballon face à un bloc-bas, les partenaires d’Hugo Lloris se sont montrés particulièrement inefficaces, ne parvenant pas à appliquer un rythme suffisamment élevé à la rencontre pour prendre à défaut un groupe islandais solide. Les transmissions entre les milieux de terrains et les joueurs plus offensifs ont manqué de justesse et de vitesse pour mettre en danger l’Islande qui a contenu et repoussé sans trop de difficulté les assauts de l’Équipe de France. De plus, la titularisation de N’Zonzi dans un milieu de terrain à deux joueurs, associé à Paul Pogba, a en un certain point pénalisé la créativité offensive. Malgré une grande propreté dans ses passes, sa faible projection vers l’avant contraste avec l’habituel omniprésence de Kanté et a réduit le nombre de français dans le secteur offensif. Si Pogba et Kanté arrivent à assurer le rôle de milieu relayeur inhérent à un positionnement à deux joueurs dans un 4-2-3-1, dispositif utilisé face à l’Islande, N’Zonzi est assurément plus efficace au poste de sentinelle devant la défense dans un milieu de terrain à trois joueurs. Une inadéquation individuelle qui a quelque peu pesé sur la copie collective. Mais la faute n’incombe pas seulement à l’ex-joueur de la Roma qui a réalisé une prestation somme toute correcte.

En effet, l’animation offensive n’a pas souvent été à la hauteur, et ce même face à l’Allemagne avec le même onze que lors de la finale de la Coupe du Monde, à l’exception de Kimpembe titularisé en lieu et place d’Umtiti. Comme face à l’Islande et lors des matchs de groupe du Mondial face à l’Australie, au Pérou et au Danemark, l’Équipe de France a peiné à se créer des opportunités sur des attaques placées. Toujours aussi peu dangereux lors des phases de possession, les Bleus se sont cependant illustrés comme à leur habitude en contre-attaque ou lors de projections rapides vers l’avant. Si la rencontre face aux champions du monde 2014 fut compliquée malgré la victoire 2-1, les accélérations de Mbappé ont fait passer quelques frissons dans la défense allemande. Mais malheureusement, seule sa vitesse a parlé en dépit d’un manque criant d’organisation offensive, et les quelques longs ballons lancés en sa destination ont davantage mis en avant ses qualités de sprinteur que de footballeur. Un match en demi-teinte pour les Bleus qui sont tout de même parvenus à prendre l’avantage après avoir été menés 1-0 grâce à une seconde mi-temps de meilleure facture que la première. Sans pour autant être flamboyante, l’Équipe de France a montré davantage de justesse technique dans les trente derniers mètres. En difficulté lorsqu’il leur revient de faire le jeu, les hommes de Deschamps confirment cependant leur capacité à retourner une situation mal embarquée, non sans un brin de réussite.

 

Des performances individuelles inégales

Le match amical face à l’Islande a aussi permis au sélectionneur d’accorder du temps de jeu à des joueurs habituellement cantonnés aux rôles de seconds couteaux. Ainsi, Florian Thauvin a bénéficié d’une heure de jeu mais n’a certainement pas fait bouger la hiérarchie des joueurs offensifs en sa faveur. Trop hésitant, pas assez incisif, le marseillais a connu un match compliqué avec beaucoup de déchets techniques et de pertes de balle. Même constat pour Ousmane Dembélé qui a connu quelques fulgurances techniques et des débordements plus qu’intéressants avant de disparaître peu à peu. Son entrée en jeu face à l’Allemagne, bien que très tardive (87ème minute), laissait entrevoir de bonnes choses avec une frappe qui obligea Neuer à s’employer. Lucas Digne a également effectué son retour sur les pelouses avec le maillot Bleu face à l’Islande et a fait un match moyen : ni étincelant ni décevant, le latéral gauche d’Everton a fait le job, tout comme Kurt Zouma qui a pris la place de Varane à la mi-temps. N’Zonzi, comme indiqué précédemment, a lui rendu une bonne copie en étant précis dans ses passes et efficaces dans ses interventions, malgré son profil qui ne colle visiblement pas à un 4-2-3-1. Payet a quant à lui disputer les 25 dernières minutes face aux Vikings et a tenté de mettre ses partenaires dans de bonnes situations comme il sait le faire, dans le jeu comme sur coups de pied arrêtés. Thomas Lemar a été discret, le joueur de l’Atletico ne montrant pas grand chose durant la demie-heure qui lui a été accordée. La bonne surprise de ce rassemblement est sans aucun doute la belle rentrée de Tanguy Ndombele qui, pour sa première sélection, a vite su s’adapter en montrant ses qualités de relayeur et de passeur dans l’entre-jeu français ainsi que son volume de jeu important. En revanche, la grande déception est à mettre au compte de Kimpembe qui a vécu une semaine très compliquée. Aligné en tant que titulaire en l’absence d’Umtiti, le défenseur parisien a été dépassé par les attaquants islandais comme allemands et a montré de sérieuses difficultés dans ses interventions ainsi que dans ses relances. De plus, il n’est pas exempt de tout reproche sur les deux buts islandais en ayant perdu la balle dans une zone dangereuse sur le premier but avant de lâcher son marquage sur le second. Face à l’Allemagne, c’est lui qui provoque le penalty amenant l’ouverture du score après une faute de main. Un rassemblement à oublier pour le coéquipier de Mbappé.

Ce dernier a également connu deux rencontres en dents de scie, alternant entre les phases trop individualistes et les exploits individuels qu’on lui connaît. Il a tout de même signé un doublé permettant aux Bleus d’égaliser face à l’Islande. Mais ce n’est pas le seul titulaire habituel à avoir oscillé entre le bon et le moins bon : Antoine Griezmann a vécu un premier match compliqué avant d’y aller lui aussi de son doublé contre l’Allemagne, malgré une prestation moyenne dans le jeu. Au milieu de terrain, Matuidi, Kanté et Pogba ont ratissé les ballons et orienter le jeu avec leurs qualités indéniables. Sans être au-dessus du lot, le triangle de l’entre-jeu a rempli ses fonctions sans difficulté particulière. Plus haut sur le terrain, Giroud a quant à lui passé quatre-vingt dix minutes en étant totalement sevré de ballons face à l’Islande. Esseulé et presque oublié aux avants-postes, l’attaquant de Chelsea a par la suite réalisé une première demie-heure de haute volée contre la défense allemande en étant très présent dans le jeu aérien et précis dans ses remises, puis s’est peu à peu effacé dans l’ombre des ballons envoyés en direction de Mbappé. Enfin, les performances des habituels titulaires sur la ligne défensive résument bien la disparité des prestations individuelles au sein de cette Équipe de France. Si Varane a définitivement convaincu les rares sceptiques qu’il était le patron de la défense française, épaulé par un Hugo Lloris qui répond toujours présent lorsque le besoin s’en fait sentir, Pavard a une nouvelle fois déçu au poste de latéral droit. Certes pénalisé par la nonchalance de Mbappé lors de ses retours défensifs, le joueur de Stuttgart n’a pas rassuré face aux offensives adverses et a manqué de justesse dans ses interventions. Sur le côté gauche, le constat est l’exact opposé concernant Lucas Hernandez qui a livré une prestation de haut niveau, aussi solide défensivement qu’intelligent et efficace dans ses montées.

Deux prestations collectives assez moyennes voire décevantes et des performances individuelles qui souffrent d’une grande disparité, c’est ce qui caractérise cette trêve internationale du côté de l’Équipe de France. Malgré tout, les Bleus sont en pôle position pour accéder au dernier carré de la Ligue des Nations après leur victoire face à l’Allemagne.

 

(Source image : Europe 1)

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