Robert Malm : “Si on ouvre un livre, Robert Malm a disputé la Coupe du Monde”

INTERVIEW – Ancien joueur professionnel, Robert Malm a passé vingt années de sa vie sur les pelouses de Ligue 1 et Ligue 2. Consultant pour beIN Sports depuis huit ans et spécialiste Ligue 2 pour l’émission Maxi Ligue2, il revient sur sa carrière, son rôle de consultant et me livre ses pronostics pour la fin de saison en Ligue 2.

Aujourd’hui pour la Ligue 2, on te retrouve dans Maxi Ligue 2, dans le Multi le vendredi et aux commentaires du match du samedi. Qu’est-ce qu’une semaine-type pour toi ?

C’est être à l’affût, à l’écoute de tout ce qui peut se passer dans le monde du football. Donc c’est suivre la presse écrite, faire le tour des clubs pour voir ce qu’il se passe, il y a aussi les informations du dernier moment qu’on peut avoir avant ou pendant le match. Je mets l’émission Maxi Ligue 2 un peu à part car on est un peu en décalé avec une pointe plus légère et humoristique. On a un groupe Whatsapp Ligue 2 où on communique énormément pour s’échanger des informations ou des numéros de téléphone. Donc il n’y a pas vraiment de semaine-type mais on doit se ternir informés de toutes les informations qu’on peut avoir pour donner les meilleures infos possibles à nos abonnés.

En étant joueur, avais-tu décidé de vouloir devenir consultant ?

Non, avant la fin de notre carrière on se dit souvent qu’on a le temps puis on se rend compte que le temps passe finalement très vite. Je t’avoue qu’être consultant me bottait un peu, j’aimais bien le monde de l’audiovisuel mais pour le faire il fallait savoir bien s’exprimer et avoir des infos. J’avais commencé quand j’étais encore joueur à faire quelques apparitions sur ce qui est aujourd’hui La Chaîne L’Equipe. J’ai fait quelques émissions avec Olivier Ménard, puis Christophe Jamot m’a donné l’opportunité de devenir consultant pour Eurosport pendant la Coupe du Monde 2010. J’ai fait quelques matchs de Ligue 2 en bord terrain et, lorsque beIN Sports a ouvert, Charles Biétry m’a donné l’opportunité d’être là. Huit ans après je suis toujours là et je m’éclate toujours autant.

Le samedi après-midi, on te retrouve avec Samuel Ollivier et François Rabiller avec qui on sent que tu as une bonne relation. Est-ce important pour toi de montrer une image sympathique ?

Je t’arrête tout de suite, je ne joue pas un rôle (rire). Je ne suis pas sympa devant la caméra et horrible derrière. On est tout simplement comme ça. Il suffit de demander aux gens qu’on croise partout en France, on a toujours le sourire, le plaisir d’échanger ou de faire des photos avec les supporters. On aime ce qu’on fait alors on essaie de le transmettre aux abonnés. Si on n’aimait pas ce qu’on fait, ça se sentirait et on ne serait plus là. On aime vraiment ce qu’on fait à savoir donner des informations, partager, donner de la bonne humeur et c’est sans doute aussi pour ça que ça marche.

Sans parler de jouer un rôle loin de là, il ressort souvent des journalistes foot de la chaîne de vouloir faire leur travail sérieusement dans un cadre un peu détendu. Est-ce une volonté au sein de l’équipe foot ?

Non, c’est ce que je te disais avant : on aime ce qu’on fait. Bien-sûr, on donne des infos et on fait notre travail correctement parce que si on ne le faisait pas correctement on ne serait plus là aujourd’hui. Il faut être sérieux mais on a le droit de mettre de la joie et de la bonne humeur. Ce n’est pas parce que tu es rigoureux que tu n’as pas le droit de sourire ou de rigoler. Je pense qu’il y a des choses beaucoup plus graves que de travailler dans une chaîne de sports pour pouvoir – excuse-moi du terme – faire la gueule. Rigueur n’empêche pas la joie et la bonne humeur, en tout cas c’est comme ça que je vois les choses et je pense que c’est aussi le créneau de la rédaction. Il n’y a pas de raison à ce qu’on ne soit pas souriants, tout en étant sérieux parce qu’on ne va pas se mettre non plus à faire l’équilibre sur les mains. On l’est parce qu’on aime faire ça.

Tu es formé au Racing Club de Lens et on connaît ton attachement pour le club. Quand tu es devenu consultant, a-t-il été compliqué pour toi de rester neutre dans tes commentaires ?

Souvent on me dit “t’es pro-Lensois” mais je réponds que “c’est que vous n’avez pas bien regardé le match”. Il m’arrive d’être parfois plus dur avec des équipes comme Lens ou Lorient, des clubs où je suis passé et qui sont en tête du championnat, car j’attends plus de ces équipes. Quand un consultant prend partie, tu n’as pas trop à lui en vouloir mais moi je préfère rester neutre et commenter ce que je vois. Si Lens est bon, je dirai que Lens a été bon mais si Lens est très mauvais, je suis aussi capable de le dire. Au moment du match, on parle peut-être plus d’une équipe que de l’autre car il y a une domination qui est là. Il y a même des gens qui me disent que je suis anti-Lensois parce que je dis que l’équipe adversaire a bien joué. Mais je ne vais pas dire le contraire de ce que je vois.

Ces critiques t’ont-elles déjà touché ou orienté dans ta façon de commenter ?

Non. Jamais. C’est sûr que quand tu vas sur les réseaux sociaux après les matchs, il y a les pour et les contre, qui te disent parfois d’arrêter d’inventer ceci ou cela. J’ai été joueur, je sais comment les choses peuvent se passer sur le terrain donc je me sers aussi de ça. Si je m’aperçois que j’ai commis une erreur, je suis capable de me corriger même en plein match. Je regarde les matchs, même si j’ai parfois du mal à m’entendre, alors je suis capable de reconnaître mes erreurs. Heureusement, je prends beaucoup de recul avec les réseaux sociaux. La seule fois où j’ai sorti les dents, c’est quand ça a touché le secteur familial. Qu’on m’insulte car j’ai commis une erreur… voilà, mais ma famille n’a pas demandé à être insultée. C’est vrai qu’on reçoit souvent des remarques car on va dans le sens d’une équipe. Mais on passe au-dessus de tout ça, ce n’est pas ce qui me fera changer de manière de travailler.


Lens est 2e du classement actuellement. Serais-tu quelque part déçu, toi qui commentes la Ligue 2, si Lens venait à remonter ?

C’est égoïste car la destinée du club est en Ligue 1 mais il est sûr qu’en terme de visibilité, de stade plein, Bollaert est toujours agréable à diffuser. Les couleurs sang et or nous pètent aux yeux et visuellement c’est toujours beau à voir. Je souhaite évidemment au club de monter et s’il peut monter cette année alors qu’il monte. Je serai content pour eux. On sera un peu déçus car on n’aura plus Lens mais honnêtement Lens a sa place en Ligue 1 et d’autres clubs prendront le relais.

Tu as joué dans beaucoup de clubs français dans lesquels tu as disputé quasiment 400 matchs TTC. Lequel t’a le plus marqué ?

Au départ, Lens car c’est le club qui a fait le joueur et l’homme que je suis aujourd’hui. Après il y a d’autres clubs comme Lorient où j’ai vécu la première montée du club en Ligue 1 il y a un peu plus de 20 ans. J’ai également passé de bons moments à Brest, Nîmes ou Montpellier. Franchement j’ai vécu de très bons moments dans tous les clubs mais mes premières joies et mes premiers pas dans le monde professionnel sont au Racing Club de Lens.

Retrouvez l’interview en intégralité sur lepetitreporterfootfr.

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