L’Ajax, un exemple à suivre pour la France

En éliminant le Real Madrid puis la Juventus de Turin grâce à un jeu flamboyant et offensif, l’Ajax Amsterdam a épaté l’Europe entière et s’est invité en demi-finale de la Ligue des Champions. Décryptage des différents ingrédients d’une telle réussite, dont les clubs français feraient bien de s’inspirer. 

51 millions d’euros. Voilà la somme totale dépensée par l’Ajax pour construire son onze de départ, aujourd’hui capable de rivaliser avec les plus grandes équipes du continent. Un véritable exploit lorsque l’on connaît les montants faramineux déboursés par certains clubs européens, de Barcelone à Manchester en passant par Madrid, Paris ou Turin. À titre de comparaison, le budget de la formation amstellodamoise s’élève à 85M€, soit six fois moins que la Juventus (500M€) et huit fois moins que le Real (690M€), ses deux dernières victimes en Ligue des Champions. C’est dire à quel point l’Ajax travaille astucieusement à côté de ses concurrents beaucoup plus fortunés.

L’écurie néerlandaise s’appuie sur un centre de formation performant et une cellule de recrutement intelligente. L’Ajax sait attirer les plus grands espoirs de la planète foot et les former de façon à pratiquer un jeu léché et séduisant. Les talentueux Matthijs de Ligt et Donny Van de Beek sont par exemple issus de l’académie du club. D’autres ont été recrutés en post-formation, c’est-à-dire qu’ils ont été formés par d’autres clubs mais qu’ils ont signé très tôt à l’Ajax. C’est le cas du prodige Frenkie de Jong (photo), arraché au club néerlandais de Willem II pour une bouchée de pain. L’Ajax prouve ainsi qu’il est possible de construire une équipe compétitive sans sortir le chéquier.

Mais recruter des joueurs est une chose, leur apprendre à jouer ensemble en est une autre. Et c’est là que réside la grande force de l’Ajax. Dès le plus jeune âge, les pensionnaires de l’académie amstellodamoise sont poussés à travailler leurs qualités techniques et à développer leur vision du jeu. Ruben Jongkind, ancien responsable de la formation du club, a par exemple révélé que les jeunes de l’Ajax s’entraînaient parfois sur des parkings, des terrains de squash ou en salle, « pour qu’ils s’habituent à de nouvelles situations et à différents espaces ». Un travail de longue haleine, dont les effets se font aujourd’hui ressentir sur la génération actuelle. Lors de ses exploits contre le Real Madrid et la Juventus de Turin, l’Ajax a enthousiasmé l’Europe par son football insouciant, porté vers l’avant et basé sur un jeu de passes courtes parfaitement maîtrisé.

 

Enfin, la stratégie du club sur le plan national est tout aussi intelligente. Assuré de terminer tous les ans sur le podium de son championnat, l’Ajax domine le football néerlandais et en profite pour faire progresser ses pépites en toute tranquillité. Au fil des saisons, ses jeunes talents s’aguerrissent dans l’ombre, jusqu’à ce que les conditions soient réunies pour qu’ils se révèlent au grand jour. C’est le cas cette année, où les qualités des Neres, De Jong, Ziyech, De Ligt ou encore Tadic se marient parfaitement et permettent l’avènement de cette génération dorée.

Le succès de l’écurie amstellodamoise est donc celui d’une véritable recette miracle, dont les clubs français devraient prendre exemple. Le manque de moyens économiques et la faiblesse de la Ligue 1 sont des arguments souvent avancés pour justifier le bilan décevant du football tricolore sur la scène européenne. Or, en l’espace de quelques mois, l’Ajax vient de tordre le cou à toutes ces idées préconçues. Espérons que la réussite néerlandaise devienne une source d’inspiration dans l’Hexagone…

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