L’attitude des joueurs professionnels a t-elle une influence sur les jeunes ?

Les récentes mauvaises conduites de certains footballeurs nous rappellent que ces derniers ont un devoir d’exemplarité face aux futures générations de footballeurs

Le football est l’un des sports les plus médiatisés en France et dans le monde, chaque fait et geste des joueurs professionnels sont repris et décryptés par la presse mondiale. Par conséquent, cette médiatisation entraîne un mimétisme chez les jeunes joueurs qui reproduisent les gestes, qu’ils soient positifs ou négatifs des joueurs professionnels, notamment à l’entraînement. Ceci est un réel problème auquel sont confrontés les entraîneurs de jeunes.

Les entraîneurs de jeunes voient une évolution néfaste des joueurs dans leur mentalité. Ces derniers sont passés d’une logique collective à une logique individualiste, et ceci dès le plus jeune âge. Le rapport à l’arbitrage est aussi néfaste. Les séances physiques sont de moins en moins appréciées, les changements de postes, les compositions d’équipes, de plus en plus compliquées à faire entendre. Certains entraîneurs parlent d’une identification à la “voyoucratie” pour ce qui est du comportement. Mickaël entraîneur d’un club de football de jeunes le voit au quotidien “ils sont bien éduqués, mais une fois que l’effet de groupe, les réseaux sociaux accentuent les choses c’est compliqué […] on doit prendre des pincettes pour parler à chaque jeune.” Ces problèmes viennent aussi de la société elle-même qui évolue et les entraîneurs n’y peuvent rien.

En effet, les médias qui reprennent en boucle les excès des joueurs professionnels sont en partie responsables de cela. Nous faisons face à une banalisation de l’acte qui n’est pas explicitement dénoncé dans les médias. Certains journalistes peuvent aller jusqu’à défendre certaines attitudes. On peut donner l’exemple de l’affaire Evra où certains ont défendus son attitude sous prétexte que ce dernier se serait fait insulter et en inventant même une version des faits pour lui donner raison. Les jeunes sont vulnérables à cela et de plus en plus connectés et c’est donc compliqué d’y faire face.

Mais vers quel modèle pourrait se tourner la France dans son système de formation? La France et l’Espagne ont des approches de la formation assez différentes comme le décrivait un formateur, qui a travaillé dans les deux pays, sur RMC dans l’After Foot “En France on forme le joueur sur le plan tactique, technique, physique, mental, en Espagne c’est la connaissance du jeu qui passe avant tout”. En Espagne ils mettent l’accent sur la pédagogie, la prise de responsabilité et il n’y a pas de culture du résultat comme en France. L’Espagne est donc de ce point de vue l’exemple à suivre. La France a un véritable devoir de progresser dans le domaine de la formation pour optimiser sa compétitivité au niveau national et international

Pierre de Foucaud
@pierredefd

PS: Cet article est un repost de l’ancien blog (date originelle : 29/01/18)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *