Pierre Ménès : “Marseille deuxième du championnat, c’est une bonne nouvelle”

#INTERVIEW – Deux ans après ma première rencontre avec Pierre Ménès, le consultant a accepté de répondre à des questions. Par téléphone, on parle de sa carrière, de sa nouvelle émission Pierrot FaceCam et de l’actualité foot avec Strasbourg, Marseille ou l’Equipe de France.

Vous avez l’image de quelqu’un de parfois agressif sur les réseaux sociaux alors que vous êtes proche de ceux qui vous sollicitent. Souffrez-vous de cette image ?

Pas du tout. Si je voulais cirer les pompes à tout le monde, crois-moi, je saurais faire. Je ne sais être agressif qu’avec les gens qui m’agressent et être aimable avec les gens qui sont aimables. Je suis un être humain normal. Il n’y a aucune raison que je me laisse insulter et menacer sur les réseaux sociaux uniquement parce que je suis connu.

Au Canal Football Club, vous êtes celui qui lance les pics. Est-ce un rôle que vous vous donnez ou êtes-vous simplement vous-même ?

Non, ce n’est pas un rôle que je me donne. C’est un rôle qu’on m’a donné parce que ça correspond à ma personnalité. Je suis comme ça. Mais il y a une chose que je garde à l’esprit, c’est que je ne parle que de foot.

Vous faites une grande carrière puisque vous avez travaillé sur tous les supports dans les plus grands médias français. Etes-vous satisfait ?

Je me poserai réellement la question quand elle sera terminée. Je ne peux qu’être satisfait parce que je n’ai pas fait d’étude. Je suis rentré à L’Equipe à 21 ans, j’en suis parti à 42 ans. Depuis, je fais de la télé et ça marche super bien. Toutes les émissions auxquelles je participe fonctionnent et je fais ça pour que les émissions auxquelles je participe soient regardées.

Avez-vous un regret, ou une chose que vous auriez aimé faire et dont vous n’avez pas eu l’occasion ?

J’aurais aimé que ça se passe mieux quand j’ai été dirigeant du Stade de Reims. Mais si ça avait mieux marché et que j’étais resté, je n’aurais pas eu la carrière avec Canal. J’ai plutôt tendance à dire que j’ai une bonne étoile, notamment au niveau de ma santé. J’ai quand même eu la chance d’avoir deux organes à temps et puis j’ai eu la chance de m’en remettre. J’ai été énormément sollicité par des gens qui sont en attente de greffe et je m’aperçois que ça ne se passe pas aussi bien pour tout le monde.

Après Reims, auriez-vous aimé avoir une autre chance, pourquoi pas dans un rôle d’entraîneur ou de dirigeant ?

Entraîneur, non car de toute façon il faut des diplômes que je ne pourrais même plus passer car il y a des tests physiques à franchir. Dirigeant dans le sportif, oui pourquoi pas.

C’est quelque chose que vous pourriez toujours faire aujourd’hui ?

Oui, si j’avais une belle proposition, pourquoi pas. Mais il faut qu’elle soit très belle, la proposition…

Vous travaillez sur différents supports puisqu’on vous voit travailler comme consultant à la télé mais aussi écrire des articles sur votre blog. Avez-vous une préférence ?

Je suis très content de faire de la télé, parce que c’est dans l’audiovisuel que je suis le meilleur. J’ai aussi fait de la radio mais je n’en fais plus. Après, niveau écriture je n’ai pas la prétention d’être une plume exceptionnelle même si je sors un livre dans quelques jours. Je trouve que c’est bien de faire les deux.

Quand on pense à vous, on pense au Canal Football Club mais vous faites beaucoup de choses à côté. Pourriez-vous résumer ce qu’est une semaine-type pour vous ?

Une semaine-type, c’est un tournage en début de semaine avec Canal pour le nouveau rendez-vous digital Pierrot FaceCam, un tournage par semaine avec Unibet, deux matchs en commentaire par mois et pour finir le CFC tous les dimanches. Puis il y a aussi les autres rendez-vous avec mes autres partenaires.

D’ailleurs, pouvez-vous présenter le nouveau concept du Pierrot FaceCam ?

Le but, c’est de répondre aux gens. J’aime bien qu’il y ait un lien avec les gens parce qu’on me fait beaucoup de reproches sur les réseaux sociaux mais j’aimerais bien connaître des noms de personnes qui ont 2,5 millions de followers et qui répondent aux gens. J’aime bien le contact donc comme j’ai beaucoup de questions par jour, on a décidé avec Canal+ d’en faire un petit programme.

Vous avez eu votre programme, le vendredi soir, 19h30 PM. Pourquoi ce programme n’a-t-il pas fonctionné ?

Parce que les gens n’étaient pas prêts à entendre des chroniqueuses filles donner leur avis sur le football masculin. Je pense que cette émission est arrivée trop tôt, elle aurait peut-être mieux fonctionné si on l’avait lancée après la Coupe du Monde féminine.

Est-ce un regret de ne pas avoir réussi à la faire fonctionner ?

Oui parce que c’était mon idée de faire une émission qu’avec des filles. Je trouvais que l’idée était pertinente mais les gens n’avaient pas envie de savoir ce qu’elles pensaient sur Génésio ou sur le PSG. C’est comme ça, on ne peut pas forcer les gens.

Vous commentez souvent la Ligue 1 le vendredi et il y a eu une période où vous commentiez beaucoup la Premier League. Les matchs anglais vous manquent-ils et commenter est-il une chose qui vous plaît réellement ?

Oui, ça me plaît réellement. Je pense que j’ai un style atypique parce que personnellement, quand je commente, je n’aime pas être giflé de mots par ceux qui commentent donc je suis finalement très peu bavard. Je ne parle que quand j’ai quelque chose à dire. Je peux aussi commenter les matchs anglais, mais le problème c’est que les bons matchs anglais sont souvent le dimanche quand je suis au CFC. Cette saison, je n’ai fait que Liverpool-Leicester. Je ferai certainement deux ou trois matchs pendant le boxing day. Mais commenter le foot anglais ou le foot français, c’est pareil.

Votre “style atypique” vous a valu quelques critiques sur les réseaux sociaux…

Tous ceux qui commentent sont critiqués. Donc il ne faut vraiment pas faire attention à ça. Tout le monde pense qu’il est capable de faire mieux mais ça, c’est la télé. De toute façon, les supporters de l’équipe qui a perdu dit toujours que j’étais pour l’autre équipe. C’est totalement insignifiant.

Vous avez une grosse côte de popularité et vous êtes très impliqué dans des fondations, vous participez à des conférences. Pourquoi est-ce important pour vous ?

Parce que j’ai été atteint d’une maladie sourde et inconnue et que j’ai l’impression que les gens connaissent cette maladie uniquement parce que je l’ai eue. C’est dommage car c’est une maladie qui va faire beaucoup de dégâts dans les 15-20 ans à venir si on n’y prend pas garde. Je me sens un peu en mission à ce niveau-là et quand tu es malade, il y a une sorte de “solidarité de maladie” qui s’installe. Je vais voir des enfants malades, je réponds souvent à des gens qui me posent des questions sur les réseaux sociaux… C’est difficile parce que parfois tu commences à t’attacher à des gens qui nous quittent.

Pour revenir sur l’Olympico, pensez-vous que l’OM puisse finir 2e de Ligue 1 cette saison ?

On a vu sur les deux derniers matchs qu’ils étaient capables de bien faire. Ils ont un très bon coach mais il ne faut surtout pas qu’il y ait de blessé. On s’aperçoit que pour le prochain match, il manque déjà trois défenseurs sur quatre. Dès qu’il va manquer un ou deux joueurs, ça va être compliqué. Mais je trouve que Marseille deuxième du championnat, c’est une bonne nouvelle.

Selon vous, le niveau de la Ligue 1 cette saison joue-t-il vraiment sur les performances des clubs français en coupe d’Europe ?

Le problème, c’est que les équipes qui se qualifient ne sont jamais les mêmes. On l’a vu avec Strasbourg – qui avait fait une grande campagne de Coupe de la Ligue – qui s’est retrouvé avec six matchs de tour préliminaire cet été. Ça a totalement plombé leur début de saison et le problème c’est que pour briller en coupe d’Europe, il faut avoir l’effectif pour.

Pour rester sur le RC Strasbourg dont vous êtes proche du président Marc Keller, voyez-vous l’équipe se maintenir cette saison ?

Tu sais, il suffit que Strasbourg gagne trois matchs et il sera européen. Pour le moment, rien n’est décanté dans le championnat, ni en haut ni en bas. Je pense qu’il y a bien inférieur à Strasbourg cette saison mais évidemment, ils avaient joué dix matchs quand les autres en avaient joué quatre cette saison. Cela a obligé Thierry Laurey à pousser le bouchon en terme de rotation. Ce sont des difficultés très prévisibles.

Vous avez souvent critiqué le jeu de l’Equipe de France de Deschamps, qui vous a d’ailleurs répondu dans un reportage lui étant consacré. Votre regard peut-il changer sur les Bleus ?

Pour que mon regard change, il faudrait que le jeu change et ça n’en prend pas le chemin. Sur les derniers matchs, Mbappé était absent et tu t’aperçois que sans lui, ça change fortement le potentiel offensif de cette équipe d’autant que Griezmann est dans la difficulté à Barcelone. Je pense qu’on a un potentiel offensif important. Je regrette profondément que Benzema ne soit plus appelé vu son état de forme car un trio Griezmann-Mbappé-Benzema ferait peur au monde entier. Mais il y a d’autres considérations et Deschamps est champion du monde en titre donc pour l’instant il a raison.

Avez-vous pu parler directement avec le sélectionneur ?

On s’est croisés plusieurs fois, les deux dernières fois c’étaient lors de PSG-Manchester et la finale de Coupe de la Ligue entre Strasbourg et Guingamp.

Quelle est votre relation avec lui ?

On s’entend plutôt bien, je pense que c’est quelqu’un d’intelligent. D’abord, je pense que le fait que son jeu ne me fasse pas rêver, il s’en cogne totalement et il a bien raison. Ensuite, ça ne change pas nos relations. Tu sais, je m’entends très bien avec Raymond Domenech et je ne supportais pas la manière dont jouait son équipe non plus.

Interview intégrale ici

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