Pourquoi Varane doit remporter le Ballon d’Or

Si l’attribution d’un trophée individuel dans un sport collectif peut sonner comme un paradoxe, les débats autour du Ballon d’Or monopolisent chaque année l’attention de la planète football. Cette saison ne dérogeant pas à la règle, les noms de Modric, Mbappé, Ronaldo, Salah ou encore Griezmann reviennent avec insistance… et pourquoi pas celui de Varane ?

 

Un taulier chez les cadors

 

A l’été 2017, quelques inquiétudes parcouraient les travées du Santiago Bernabeu. Le départ de Pepe, l’un des grands hommes du troisième sacre européen du Real Madrid en quatre ans, laissait présager une place de titulaire pour Varane aux côtés de Sergio Ramos, une place accompagnée d’une forte responsabilité. Mais la pression inhérente à ce nouveau statut n’a pas eu raison du joueur formé à Lens qui s’est imposé en patron au sein de la défense madrilène en enchaînant les prestations de haute volée. Un statut de titulaire qui a finalement abouti à un quatrième titre en Ligue des Champions pour le français en mai dernier.

 

S’en est suivie la Coupe du Monde avec l’Equipe de France en Russie, théâtre de nouvelles belles performances du Merengue. Outre son but en quart de finale face à l’Uruguay, Varane s’est à nouveau distingué par sa faculté à rassurer, sa sérénité ainsi que sa régularité au fil de l’épopée des Bleus. Absent lors de l’Euro 2016, Raphaël Varane s’est révélé être un joueur-clé et indéboulonnable du onze-type de Didier Deschamps qui a porté les tricolores jusqu’au titre lors de cette Coupe du Monde 2018.

 

En somme, Varane a donc joué un rôle majeur dans les deux équipes ayant remporté les titres les plus prestigieux du football en 2018, un palmarès légitimant un potentiel statut de favori pour le Ballon d’Or. De plus, ces deux trophées le distinguent des autres joueurs postulant au titre de meilleur joueur de l’année ; en effet, les deux seuls « concurrents » pouvant talonner Varane sur cet aspect sont deux de ses coéquipiers : Luka Modric, avec qui il a remporté la Ligue des Champions et qui a mené la Croatie en finale de la Coupe du Monde, et Antoine Griezmann qui a remporté la Ligue Europa avec l’Atletico de Madrid en plus de la Coupe du Monde avec les Bleus. Cependant, ce dernier semble un ton en-dessous des deux joueurs du Real Madrid, la Ligue Europa ayant bien évidemment un rayonnement inférieur à celui de la Ligue des Champions. De son côté, l’autre champion du Monde Kylian Mbappé souffre de l’élimination précoce du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions, bien que ses performances lors du Mondial aient été exceptionnelles.

 

Renverser la dictature Ronaldo – Messi…

 

Depuis maintenant dix ans, le Ballon d’Or voyage entre l’Argentine et le Portugal, une décennie durant laquelle Messi et Ronaldo se sont tirés la bourre dans la course au titre individuel suprême. Le score est de cinq partout, moment idéal pour mettre fin à cette hégémonie. La lassitude a gagné la majorité des observateurs, et Varane semble être l’homme idéal pour relancer l’intérêt du Ballon d’Or. Si cette année Messi semble en dehors des débats, du moins pour l’instant, Ronaldo a un retard sur le français après l’élimination du Portugal en huitième de finale de la Coupe du Monde, malgré son importance majeure dans le succès du Real Madrid en Ligue des Champions. Tandis que Luka Modric a le défaut de n’être allé qu’ «en » finale de la Coupe du Monde, Raphaël Varane apparaît comme le digne successeur des deux extraterrestres sur la longue liste des vainqueurs du Ballon d’Or. Récompenser le vainqueur de la Ligue des Champions et de la Coupe du Monde permettrait également, à l’heure où les individualités semblent parfois prendre le pas sur l’équipe, de revenir aux fondamentaux et de rappeler la prédominance des titres collectifs dans le football.

 

… et celle des joueurs offensifs

 

Une autre caractéristique de Varane pourrait redonner un second souffle au Ballon d’Or : son poste de défenseur central. Dans l’Histoire, seuls trois défenseurs ont reçu le trophée : Beckenbauer en 1972 et en 1976, Sammer en 1996 et Cannavaro en 2006, un chiffre laissant penser que le Ballon d’Or ne se dispute qu’entre buteurs ou joueurs à vocation offensive. A une époque où les statistiques, notamment concernant les buts inscrits et les passes décisives, semblent être les fondements de la désignation du meilleur joueur de la planète, qui d’autre que Varane pourrait-il mettre ces idées au tapis ?

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